[Interview] Thierry Ntamack rend hommage à Ben Faycal

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Thierry Ntamack : Le serpent de bronze

Thierry Ntamack est réalisateur, acteur et producteur. Il s’est fait connaître du grand public avec le film “Le blanc d’eyenga”, “La patrie d’abord” et à présent avec “le serpent de bronze” en hommage au Dr. Ben Faycal. En effet il est aujourd’hui l’un des personnages clé du cinéma camerounais, ses multiples récompenses et prix gagnés sont désormais légions.

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Le serpent de Bronze ou devoir de mémoire

Son actualité est la sortie prochaine du long métrage : Le Serpent de Bronze. Toutefois avant sa sortie officielle, une série d’avant-premières à eu lieu notamment le 16 août à Yaoundé et les 18 au 19 août à Douala.

Thierry Ntamack rend hommage dans “le serpent de bronze” au Docteur Ben Fayçal, mort en Novembre 2014 d’une morsure de cobra, en donnant sa vie pour ses patients.

Docteur Ben Faycal Batobesse Le serpent de bronze

L’interview

Le 16 aout Batobesse est allé à la rencontre de Thierry Ntamack, entretien recuielli par Bender Mbazoa.

Le personnage

[Batobesse] Bonjour Mr Ntamack merci d’avoir répondu présent à cet entretien. Alors, qui est Thierry Ntamack hors de la caméra et des scénarios?

[Thierry Ntamack] Oui bonjour, merci de répondre à votre “micro”. Hors caméras et scénarios, bah écoutes Thierry NTAMACK est un homme ordinaire, rien de spécial.

Le parcours

[Batobesse] Aujourd’hui vous êtes un des membres forts du cinéma camerounais et africain. Racontez nous un peu votre parcours professionnel avant et ce qui a changé pendant le succès.

[Thierry Ntamack] Non mais, j’ai commencé ici au Cameroun. Quand j’ai eu mon bac je me suis inscrit à la faculté des arts et spectacles de Yaoundé qu’on appelle “Art et spectacle” justement. Ensuite j’ai monté  ma propre troupe théâtrale ;outre j’ai commencé à faire des courts métrages. Ma formation continue donc à ekounou, au centre de formation d’audiovisuel d’ekounou (ndlr). En effet après j’ai été sollicité autant comme acteur, comme réalisateur.

Donc voilà un peu. Par ailleurs en 2007 j’ai eu une bourse française pour aller me spécialiser dans le jeu d’acteur au cours Florent de Paris, sans oublier les quelques stages aux États-Unis et puis après je suis rentré au Cameroun.

Je suis rentré au Cameroun ça va faire bientôt 9 ans, pendant cette période on a créé le mouvement “le ciné au prix d’une bière”. C’est dans ce concept que nous avons créé des films: “sur la route d’un ange”, “le blanc d’eyenga 1”, “le blanc d’eyenga 2”, “la patrie d’abord” et maintenant “le serpent de bronze”.

Dr. Ben Faycal

[Batobesse] Nous allons toutefois parler de votre prochain film “LE SERPENT DE BRONZE” que devons-nous savoir dessus? Quelles sont les réalités et l’inspiration de ce nouveau film? Le coût de production de ce nouveau film ? Est-il déjà connu?

[Thierry Ntamack] Le film “le serpent de bronze” pose le problème de la santé, notamment au Cameroun et en Afrique subsaharienne, avec des réalités totalement particulières.

Je suis partie de l’idée que beaucoup de camerounais, en tout cas des millions de camerounais, vivent avec la crainte noire d’affronter la misère de certains hôpitaux. Pour des problèmes de corruption, de négligences médicales ou le manque d’infrastructures. Par ailleurs je me rendais compte qu’on oubliait effectivement qu’il y a beaucoup de médecins ou d’auxiliaires de santé qui font bien leur travail, qui se sacrifient et dont on ne parle pas, je les appellerais ici les “héros de l’ombre”.

C’est ainsi que j’ai fait le choix de parler des sacrifices méconnus, de ces médecins là qui sont philantropes. J’ai fait le choix des médecins de campagnes c’est le cas du feu Dr. Ben Faysal qui est un modèle d’engagement, de bravoure, de détermination et qui est mort d’une morsure de serpent dans les montagnes du nord Cameroun.

Le coût

[Thierry Ntamack] Au jour d’aujourd’hui je ne peux pas encore savoir combien coûte le film mais généralement j’aime pas donner le coût de production de mes films parce que je m’endette énormément pour faire ces films là, je vis beaucoup de mécénat, les films que je tourne généralement coûtent cher mais souvent on a tendance à les comparer aux films qu’on voit dans nos télévisions ici au Cameroun tous les jours. Et bien ça coûte très cher, ça coûte très très cher je peux vous laisser imaginer. Et je demeure très très endetté, et par respect pour les microfinances ou bien pour les personnes à qui je dois de l’argent je préfère clairement ne pas donner le coût de production de mon film.

Esther Grace

[Batobesse] Pourquoi le choix Esther Grâce ? Est-ce un coup de buzz ou y-a-t-il d’autres raisons?

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[Thierry Ntamack] Pour Esther Grâce il est question de lui donner une opportunité, mais pas qu’à elle mais à toutes les personnes qui ont un handicap dans la vie et de ne pas juste se laisser mourir, de rêver, se libérer. Donc je sentais bien que cette fille avait quelque chose et je me suis dis bon bah le cinéma et le côté social ne sont pas indissociables.

Voilà j’espère que toutes les personnes qui ont un handicap dans la vie pourront se voir à travers cette jeune fille. Car l’Éternel à donner un talent à tout un chacun et c’est à chacun de le valoriser. Peut être que ce sera le cas pour Esther Grâce au cinéma. Mais pour chacun d’entre nous ou bien pour tout ceux qui ont un handicap et tout qu’ils ne se laissent pas aller, qu’ils se disent qu’ils ont forcément quelque chose en eux à révéler et c’est ça le plus important.

La suite…

[Batobesse] “La patrie d’abord” et “le blanc d’Eyenga”, quelles sont les sources clés de ces différentes productions? L’histoire s’arrête-elle ou il y’a un 2 éme volume preuve?

[Thierry Ntamack] Non j’ai fait des films, je sais pas encore si je vais tourner le 2 et le 3. Quand j’ai fait le 2 du blanc d’Eyenga c’est parce que j’avais ressenti la besoin et tout, mais après je voulais passer à autre chose. Il y a beaucoup de sujets qui m’intéressent, des sujets qui donnent envie d’influencer la société, notamment notre jeunesse. Actuellement nous sommes dans une logique d’aborder des sujets qui parlent à notre continent, des sujets de tous les jours. Mais, surtout de proposer des modèles à notre jeunesse, à notre continent, on en a tellement besoin. Donc voilà, maintenant je peux pas encore savoir à quoi va ressembler le prochain film mais bon ça je confie ça au Seigneur.

Le cinema camerounais

[Batobesse] Quelles sont les réalités du cinéma Camerounais?

[Thierry Ntamack] Les réalités du cinéma camerounais, la liste est tellement longue mais je vous dirais simplement qu’il y a la piraterie qui mine véritablement notre production parce qu’elle empêche toute production.

[Batobesse] Quelle est le réel problème de la distribution des films Camerounais?

[Thierry Ntamack] C’est un vrai danger pour le milieu culturel et en particulier cinématographique. Le manque de salle de cinéma aussi, donc tout élément de rentabilité véritable. Donc voilà on a ces gros problèmes là, la piraterie et la distribution. On sait pas où trouver nos films, le manque d’infrastructures notamment les salles de cinéma et une faible aide à la production locale. Et à côté de ça les artistes ont leur part de responsabilités, notamment en ce qui concerne la question de la formation. Voilà aussi quelque chose qui est super important et qui nous manque.

Les salles de cinéma

[Batobesse] Que pensez-vous des salles Canal Olympia et du festival écrans noirs ?

[Thierry Ntamack] Je salue l’initiative de l’ouverture des salles de cinéma canal olympia. Je trouve que c’est bien, ça donne la force à d’autres cinéastes de faire des films et surtout de savoir où on va les montrer. Rien n’est plus compliqué que de faire un film et ne même pas savoir où on peut le montrer. C’est de très belles salles de cinéma.

Nous regrettons simplement que canal olympia Yaoundé, surtout ne soit pas situé de tel sorte qu’une population puisse y aller et payer les tickets. En effet c’est en plein campus universitaire.
Les écrans noirs, je pense que cinématographiquement c’est tout ce qu’on peut avoir de plus beaux et de plus forts pour notre pays et notamment pour L’Afrique centrale. Moi je suis un produit des écrans noirs. J’en suis fier et vivement les écrans noirs pour des années et des années encore.

Le Top

[Batobesse] Quelle est votre top 5 des séries Camerounaises du moment?
[Thierry Ntamack] Top 5 des séries camerounaises maintenant je ne sais pas.

[Batobesse]  3 Films qui ont marqué votre enfance?
[Thierry Ntamack] Les films qui ont marqué mon enfance… Vraiment je ne sais pas.

Ses conseils

[Batobesse] Quels conseils pouvez vous donner aux amateurs et professionnels du Cinéma camerounais?

[Thierry Ntamack] Je n’ai aucun conseil à donner à qui que ce soit. On le sait, le cinéma c’est un métier où on apprend tous les jours voilà. Maintenant je regrette qu’il y ait beaucoup d’arrogance dans notre secteur d’activité au Cameroun. Je regrette qu’effectivement il n’y ait pas beaucoup d’aide à la production. Mais aussi je regrette que ce ne soit pas toujours les meilleurs, comédien comme technicien, qu’on valorise. Je regrette que le tribalisme, le copinage ou le favoritisme aient pris le dessus sur des valeurs réelles.

Voilà, je pense qu’il y a beaucoup de talents au Cameroun. Je pense particulièrement à la dame exceptionnelle qu’on appelle Joséphine Daniou qui nous a fait rêver. En tout cas nous on essaye de se battre pour, mais je pense que la jeune génération a beaucoup à apprendre des aînés. Nous bavardons beaucoup, nous critiquons beaucoup mais nous ne faisons pas, nous ne proposons pas mieux. Donc voilà… Mais après sinon des leçons à donner j’en ai pas à donner, chacun fait son expérience du cinéma avec le contexte dans lequel il se trouve

[Batobesse] des projets d’avenir?

[Thierry Ntamack] Projet d’avenir oui mais ça reste personnel.

[Batobesse] Merci Mr Ntamack pour votre disponibilité.

[Thierry Ntamack] ok merci à vous

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